05 février 2019

Et il m'en reste encore de cet amour flétri...

Et il m'en reste encore de cet amour flétri
Qui me faisait chanter
Les nuits de pleine lune
Sous les lampadaires du Pont des Arts
Quand je suivais tes pas,
Et que tu me tenais en laisse
Comme un petit caniche.
L'entends-tu encore la douloureuse ritournelle
Que fredonnait mon cœur pour s'approcher du tien ?
Ça ne te fait toujours pas de la peine,
Ce misérable pantin
Qui emboîtait tes pas sur le Pont des Arts ?
À l'heure où je te parle, la ville a disparu.
Il n'y a qu'une île minuscule
Où les guitares désaccordées
Attendent le retour des ménestrels
Partis squatter la lune.
Avance vers moi, car dans mon rêve peut-être
On pourra se croiser quelque part sur cette île,
Sur cette île minuscule où plus rien ne subsiste
De l'amour impossible qui dévorait le ciel
Et mon âme toute entière
Quand je passais avec toi
Sous les lampadaires du Pont des Arts,
Les nuits de pleine lune.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture