14 février 2019

Une infinie Tristesse Secoue Les immeubles...

Une infinie
Tristesse
Secoue
Les immeubles
De la ville endormie.
Nous, les morts,
Nous n'avons plus
Notre mot à dire.
Les vivants
Décident tout 
À notre place.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture


13 février 2019

Je mémorise Le texte D'une chanson...

Je mémorise
Le texte
D'une chanson
Dans ce vieil ascenseur fatigué.
Et à chaque étage,
J’attends la panne,
Je l'espère même,
La panne de l’ascenseur,
Pour meubler
Ce jour
D'un nouveau départ.
C'est incompréhensible
Ce passage à vide
Depuis que je suis mort.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture

12 février 2019

Tu n'étais pas méchant...

Tu n'étais pas méchant.
Le méchant, c'était moi.
Tu ne parlais pas beaucoup,
Car tu étais timide.
Tu as attendu mon retour
Jusqu'à ton dernier souffle.
Je ne suis même pas venu
À ton enterrement.
Étranger l'un à l'autre,
Moi, ton fils,
Toi, mon père.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture

11 février 2019

Si vous prenez la peine de me lire...

Si vous prenez la peine de me lire,
Sachez que je n'écris pas tout ça pour vous.
J'écris pour les pierres et pour le sable,
J'écris pour les vagues qui baignent les rivages,
J'écris pour la plus lointaine des étoiles,
J'écris pour les atomes d'un monde parallèle.
Si vous prenez la peine de me lire,
Sachez que je n'écris pas tout ça pour vous.
J'écris pour les fleuves qui courent vers la mer,
J'écris pour les montagnes que les nuages caressent,
J'écris pour la lune qui s'en fout des amoureux,
J'écris pour les rafiots qui naviguent sur les dunes du futur.
Si vous prenez la peine de me lire,
Sachez que je n'écris pas tout ça pour vous.
J'écris pour les gouttes de pluie sur les feuilles,
J'écris pour les éclaboussures sur les pare-brises,
J'écris pour les arcs-en-ciel qui s'enfuient, 
J'écris pour les tonnerres d’applaudissements qui n'arriveront jamais.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture

10 février 2019

C'est un tambourin demi-lune...

C'est un tambourin demi-lune.
Il m'a coûté 49 euros.
Ma chambre me paraît
Plus grande
Avec mon tambourin demi-lune.
On dirait même
Que le plafond
A disparu.
Et je vois le ciel
Avec mon tambourin demi-lune.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture


09 février 2019

À vos portes, Chaque jour...

À vos portes,
Chaque jour,
Je frapperai
Pour vous demander
De mes nouvelles.
M'avez-vous vu ?
M'avez-vous entendu ?
Savez-vous où suis-je ?
Je vous interdis
De me répondre.
Je ne veux rien savoir.
Je n'ai pas envie
De me rencontrer.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

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EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture

08 février 2019

Elle fait...

Elle fait
Le même métier
Que moi.
Elle marche
Sur un fil.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

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EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture

07 février 2019

Je me noie Dans une tasse De camomille...

Je me noie
Dans une tasse
De camomille.
Et aucun radeau
À l'horizon.
Je me noie
Dans une tasse
De camomille,
Car je ne fais rien
Comme les autres.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture

06 février 2019

Je veux ma statue Au musée Grévin...

Je veux ma statue
Au musée Grévin,
Très loin
Des radiateurs,
Car je compte
Y rester
Le plus longtemps
Possible.
Je veux ma statue
Au musée Grévin,
Et que ça saute,
Car je suis pressé.
Réservez vos places
Dès maintenant
Pour voir ma statue
Au musée Grévin.
On aura tous une statue
Au musée Grévin.
Il n'y a plus d'anonymes,
On est tous célèbres.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture

05 février 2019

Et il m'en reste encore de cet amour flétri...

Et il m'en reste encore de cet amour flétri
Qui me faisait chanter
Les nuits de pleine lune
Sous les lampadaires du Pont des Arts
Quand je suivais tes pas,
Et que tu me tenais en laisse
Comme un petit caniche.
L'entends-tu encore la douloureuse ritournelle
Que fredonnait mon cœur pour s'approcher du tien ?
Ça ne te fait toujours pas de la peine,
Ce misérable pantin
Qui emboîtait tes pas sur le Pont des Arts ?
À l'heure où je te parle, la ville a disparu.
Il n'y a qu'une île minuscule
Où les guitares désaccordées
Attendent le retour des ménestrels
Partis squatter la lune.
Avance vers moi, car dans mon rêve peut-être
On pourra se croiser quelque part sur cette île,
Sur cette île minuscule où plus rien ne subsiste
De l'amour impossible qui dévorait le ciel
Et mon âme toute entière
Quand je passais avec toi
Sous les lampadaires du Pont des Arts,
Les nuits de pleine lune.

Eduardo Pisani

 

LES POÈMES TOUT NUS

Les poèmes tout nus

EDUARDO PISANI

Les poèmes tout nus - détail couverture